Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 20:05
Le 24 Janvier 2006, s’est tenu au Palais des Congrès de Yaoundé, un séminaire gouvernemental sur le thème : « Technologies de l’information et de la communication : accélérateur du développement économique du Cameroun ». Autour du Premier Ministre, chef du Gouvernement, les membres du gouvernement, l’Ambassadeur des Etats-Unis, les secrétaires généraux et chef des cellules informatiques des ministères ont appris, entre autres, que le Cameroun accusait un retard non négligeable par rapport aux pays de même niveau de développement que lui. Au cour de ce séminaire, le vice–président de CISCO pour l’Afrique et le Moyen Orient et le ministre d’Etat, ministre des postes et télécommunications ont signé un protocole d’accord entre l’Etat camerounais et la multinationale américaine CISCO. Le contenu de cet accord et les engagements respectifs des parties ne sont pas, pour l’heure, à la disposition du grand public. D’autre part, nous déplorons que notre pays, le Cameroun, n’ait pas encore finalisé et mis en œuvre une politique de Développement des technologies de l’information et de la communication, comme l’ont déjà fait un bon nombre de pays africains. Un accord comme celui signé entre l’Etat camerounais et la multinationale CISCO gagnerait à être intégré dans un projet politique des TIC pour que ces derniers jouent pleinement le rôle d’accélérateur de l’économie camerounaise. Nous exhortons le gouvernement a publié entièrement le contenu de l’accord Etat du Cameroun-CISCO, comme cela a été fait pour le budget d’investissement public 2007, « dans un esprit de renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence dans les affaires publiques en vue d’une réalisation optimale des objectifs de développement, avec la participation effective et active de la société civile ». Dixit le ministre de l’économie et des finances. Nous exhortons les pouvoirs publics à élaborer le document de politique de développement des technologies de l’information et de l’information, à travers une large concertation multiacteurs ( pouvoirs publics, société civile, secteur privé).
Le fossé numérique entre les pays du Nord et du Sud s’aggrave. Le gouvernement reconnaît enfin que le Cameroun, dans le développement des TIC, est même en retard par rapport aux pays de même niveau que lui. Sur certains points nous faisons moins bien que des pays plus pauvres que nous : Au Niger un pays qui a une bande passante deux fois inférieure à la nôtre, les coûts d’accès à Internet sont deux fois inférieurs aux nôtres.
          Récemment une revue internationale a épinglé CAMTEL sur la facturation de certains de ses services Internet les trouvant exorbitant. Internet est pourtant aujourd’hui considéré comme un bien public.
          On peut penser que ces retards par rapport à des pays de même niveau que le nôtre s’expliquent, entre autres, par l’absence d’une politique nationale de développement des TIC. Un engagement pourtant pris par l’Etat camerounais au niveau International. Pratiquement tous les pays de la zone UMOA en ont un.
          La manière donc l’ANTIC élabore le nôtre nous interpelle : elle exclut le secteur privé et la société civile. Cette élaboration se fait en déphasage avec le programme National de gouvernance signé par le premier ministre le 29 Novembre 2005, qui recommande fortement la participation multiacteurs.
          L’accord signé entre l’état camerounais et CISCO inquiète une certaine opinion parce qu’il n’y a aucune information sur le contenu de cet accord. CISCO est une multinationale qui recherche d’abord le Profit. On ne pas être contre la signature d’un accord si on ignore tout de ses clauses. 
          Le silence des autorités sur la question alimente les rumeurs les plus folles : du genre CISCO va contrôler les informations sensibles, le montant porte sur 200 milliards pour la pose de la fibre optique sur 12 000 kilomètres etc…
          De nombreux observateurs se posent des questions : 
comment s’est signé cet accord ?
Y a-t-il eu appel d’offre ?
Que va faire exactement CISCO ? Fournir les équipements ? Mettre en place un backbone ? Fournir la bande passante ?
Combien tout cela va coûter ? Qui va payer ?
On entend parler d’un sous-traitant Sud Africain qu’aurait déjà contacté CISCO ?
Y a-t-il de la place réservée aux PME-PMI Camerounaise ?
Autant de questions qui méritent réponse. D’autre part, la mode dans la bonne gouvernance est à la transparence et au suivi par la société civile de la bonne exécution des affaires publiques. Pour toutes ces raisons le gouvernement doit publier le contrat avec CISCO. 

Towa Koh Michel 
Coordonnateur National Acsis Cameroun 

Par ACSIS CAMEROUN
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